Alors que l’on s’interroge à travers le monde sur l’évolution des systèmes de santé pour qu’ils puissent mieux assumer la protection de la population au regard des défis démographiques, socio-économiques et environnementaux, le concept de responsabilité sociale est de plus en plus évoqué. Le RIFRESS s’est beaucoup investi, au cours de sa première décennie d’existence, dans un plaidoyer auprès des principaux acteurs de santé afin qu’ils entreprennent de réajuster leurs missions pour améliorer leurs contributions respectives à l’effort de rénovation du système de santé. Loin de renoncer à cette tâche discursive, nous avons besoin d’élaborer des stratégies concrètes permettant à la responsabilité sociale de démontrer ses effets de façon observable, mesurable et donc reproductible.
En anglais, « responsabilité sociale » est traduit par « social accountability », un terme qui tend à ramener davantage à la dure réalité. En effet, « account » se réfère à deux notions, celle du narratif : il s’agit de savoir et de faire savoir, et celle encore plus explicite de la mesure et d’évaluation de l’action entreprise. Peut-être, notre langue met-elle davantage l’accent sur la valeur morale de la responsabilité sociale que chacun appliquerait en conscience selon ses moyens, avec une moindre insistance sur l’exigence réformatrice pour obtenir des résultats ! C’est dans ce dernier sens que nous voulons nous affirmer avec la préparation du prochain congrès international du RIFRESS qui se tiendra à Dakar, Sénégal, du 9 au 12 décembre 2026 sur le thème « Partenariat entre principaux acteurs pour une meilleures santé pour tous dans un territoire «. Là tout est dit : c’est la responsabilité sociale ancrée dans la réalité ! En ciblant la population dans un territoire dont on aura déterminé les caractéristiques démographiques et épidémiologiques, on pourra se donner les moyens d’estimer l’impact d’une mise en synergie des différents acteurs de santé sur des objectifs prioritaires.
Le congrès se tiendra sur le campus de l’Université Cheick Ante Diop. Il sera l’occasion de promouvoir une approche intersectorielle et pluridisciplinaire en mobilisant les talents et ressources des différentes facultés et instituts de l’Université, au-delà de la faculté des sciences de la santé, car le « bien-être complet physique, mental et social «, définition de la santé par l’OMS, a besoin du concours coordonné des sciences sociales, économiques, culturelles, industrielles, agronomiques et de l’aménagement du territoire. Cet engagement, nos amis sénégalais en ont la conviction, a une nature politique, dans le sens noble de bonne gestion pour la société. En effet, une expérimentation bien menée dans un territoire défini, au vu des premiers résultats, peut être répliquée et éventuellement devenir une inspiration à l’échelle nationale. Le RIFRESS et les collègues des pays francophones sont reconnaissants au Sénégal de nous donner cette opportunité d’ancrer la responsabilité sociale dans la réalité !
Charles Boelen, Président fondateur honoraire

